Comink à la conquête de l’e-commerce avec l’impression grand format

28 septembre 2017

Ne dites plus HelloPrinting, mais Comink. Spécialisée dans l’impression grand format en ligne, la startup liégeoise a fait peau neuve en mai dernier pour s’étendre au-delà des frontières belges après quatre ans de croissance en Belgique.

  • Nicolas Delweye et Gilles Longtain, cofondateurs de Comink.

  • Comink.be, la plateforme commerciale en ligne d’impression grand format.

Exclusivement basée sur Internet, Comink est une plateforme de vente de produits imprimés pour le secteur de la communication visuelle et du grand format. Active depuis juin 2013 sur le marché belge, Comink est d’abord connue sous le nom HelloPrinting - à ne pas confondre avec la plateforme d’e-commerce hollandaise Helloprint. Implantée dans le zoning des Hauts-Sarts près de Liège, la startup est le fruit d’un défi que se sont lancés les deux jeunes entrepreneurs Gilles Longtain (29 ans) et Nicolas Delweye (33 ans). « Notre ambition était de prouver qu’une production concurrentielle 100 % belge était possible malgré la pression des pays de l’est et du sud », dit Gilles Longtain. Tous deux issus de l’industrie de l’impression et du papier, Gilles et Nicolas ont ainsi mis leur expérience en commun pour se lancer dans le web-to-print.

Comink assure toute la production en interne et répond essentiellement aux besoins d’autres professionnels du secteur. Gilles Longtain : « Notre niche reste le grand format. Nous n’avons pas l’ambition de nous étendre à d’autres applications. Certaines imprimeries grand format pourraient nous associer à des concurrents, mais ce n’est pas notre ambition. Nous fournissons uniquement des produits imprimés, nous ne faisons pas de placement. » Comink comble ainsi les besoins de production d’autres imprimeries. Ce qui donne la possibilité à d’autres imprimeurs du secteur d’accepter des commandes qu’ils ne peuvent réaliser en interne. « Plutôt que d’investir dans du matériel coûteux et du personnel, ils s’y retrouvent mieux à acheter à un prix très bas chez nous », dit Gilles Longtain. Pour couvrir la vaste gamme de supports, Comink possède un parc machine complet doté des dernières technologies : imprimantes UV pour les matières souples et rigides, table de découpe et de fraisage, soudeuse à impulsion et machine à coudre automatique pour broder.

En l’espace de quatre ans, Comink est parvenue à tripler son chiffre d’affaires en employant quatre collaborateurs dans un bâtiment de 1300 m2. En 2016, le chiffre d’affaires s’est élevé à 600.000 euros. En juillet 2017, Comink se réjouissait déjà d’avoir franchi la barre des 8000 commandes, soit plus de 100.000 produits différents commandés pour 2700 clients depuis le début de l’année. Un succès qui encourage Comink à passer à l’étape supérieure en s’étendant au-delà des frontières belges. L’année 2018 sera donc axée sur l’exportation chez Comink qui vise dans un premier temps le Benelux et la France. Un commercial néerlandophone œuvre déjà activement sur les secteurs flamand et hollandais. D’où le changement d’identité radical de HelloPrinting pour Comink. «Le mot ‘Hello’ nous ralentissait par son utilisation omniprésente. Il n’était plus assez fort pour attaquer d’autres marchés européens », explique Gilles Longtain. C’est donc en mai 2017 que Comink – contraction de ‘communication’ et ‘ink’ – a vu officiellement le jour. À travers son site web flambant neuf et ses pages Facebook et YouTube, Comink renvoie une image aussi attrayante et moderne que possible.

Spécialités

« Nous sommes souvent l’imprimeur des imprimeries grand format et des agences de communication », dit Gilles Longtain. L’imprimerie grand format en ligne cible également les grandes enseignes qui possèdent leur propre pôle graphique en interne, mais qui ont besoin d’un prestataire pour l’impression.

Sur le site Comink.be, il est possible de commander par palette ou en petite quantité des panneaux (alu, carton, etc.), bâches, roll-up, affiches en papier, vinyles, ainsi que du textile (prochainement). Pour chaque produit, une fiche technique détaillée guide le client dans sa création de fichier. Et pour ceux qui sont moins familiarisés avec les différents types de matériaux, une fiche produit et une vidéo permettent de visualiser le produit et d’en connaître les applications. Sur Internet, la vidéo est d’ailleurs le principal outil de promotion du savoir-faire de Comink. « Nous apportons beaucoup de contenu vidéo pour expliquer nos produits. Puisque nous vendons sur Internet, nous devons rassurer les clients et leur montrer que nous contrôlons entièrement la production de nos produits », explique Nicolas Delweye.

Productivité et automatisation

Qui dit expansion géographique dit aussi accroissement de la capacité de production afin de pouvoir suivre la demande. L’infrastructure (bureaux et production) va d’ailleurs tripler de taille et être transférée dans un nouveau bâtiment de 3000 m2. De nouveaux systèmes d’impression bobine et à plat, plus productifs et automatisés, vont venir augmenter la capacité productive. Autant d’investissements qui bénéficient de l’appui financier d’un investisseur privé qui voit un grand potentiel de croissance de la startup en Europe.

Pour assurer un rendement maximum, Comink table sur une automatisation accrue des processus. Nicolas Delweye : « Nous nous dirigeons vers un modèle de production fluide et simple sans opérateur. Un flux de production complètement automatisé demande d’importants investissements au départ, mais cela nous assurera un rendement optimal par la suite. Bien sûr, nous aurons toujours besoin d’un opérateur pour préparer une journée de production, faire les impositions et certains types de finition. » A terme, Comink se voit créer des lignes de production capables de charger, imprimer, couper et décharger automatiquement les produits commandés. « Le but est de produire 24/24, 7/7 sans opérateur. Si on veut rester concurrentiel par rapport à l’étranger il faut automatiser le plus possible », confie Gilles Longtain. Le cœur de l’entreprise repose pour cela sur un logiciel de gestion créé sur mesure pour Comink qui permet d’automatiser tous les processus possibles. « Tout au niveau de la gestion des commandes, de la production et de la facturation est automatisé. Ce qui nous laisse du temps pour la prospection en ligne, le suivi clientèle et la gestion commerciale avec les fournisseurs », dit Nicolas Delweye.

Qualité, prix, délai, volume

Le succès de Comink repose sur les mêmes codes que les géants du web-to-print bien connus: des prix bas, des volumes de masse et une livraison rapide pour une qualité élevée. Ce qui n’est pas sans risque au démarrage. « Pour pouvoir offrir des prix bas en ayant une qualité supérieure, il faut nécessairement miser sur le volume. Cela ne vient pas automatiquement, mais il faut pouvoir perdre un peu au début pour gagner plus par la suite. La vente en ligne permet d’atteindre ces hauts volumes, car le marché n’a plus de frontières », explique Gilles Longtain. Quant à la livraison, celle-ci est assurée par des transporteurs externes en maximum six jours ouvrables.

Pour fixer ses tarifs, Comink s’est basée sur les marchés allemand et italien qui offrent un bon rapport qualité/prix. « Pour atteindre les prix que nous pratiquons sur Internet, nous faisons pression sur les fournisseurs en les mettant en concurrence afin d’acheter nos matières premières au meilleur tarif. Pour cela, nous achetons notre stock pour l’année en une fois. Par ailleurs, nous rationalisons aussi le système d’imposition et l’organisation du travail », explique Nicolas Delweye. «Cela a permis de rapatrier dans notre pays beaucoup de clients belges qui commandaient à l’étranger», dit Gilles Longtain. Une pratique qui se fait nécessairement à travers une production standardisée et de masse. « Nous achetons toujours les mêmes matériaux en grosse quantité, nous ne nous diversifions pas », précise Nicolas Delweye.

E-marketing

Faire du commerce sur Internet passe inévitablement par un bon référencement et une bonne campagne publicitaire. En la matière, Google est incontournable. « Le démarchage passe par Google, une société externe ne s’occupe que de notre référencement. Le téléphone et le sponsoring d’événements de masse comme les festivals sont d’autres outils de prospection pour montrer notre savoir-faire », expose Gilles Longtain. Mais pour attaquer les nouveaux marchés français, hollandais et luxembourgeois, c’est le marketing sur Google qui paie. « Mais cela coûte très cher surtout pour la France qui est un très grand pays. Pour assurer une bonne visibilité en France sur Google, il faut compter environ 30.000 euros par mois. Nous n’avons donc pas droit à l’erreur. Nous visons dans un premier temps la moitié du territoire jusqu’à Paris, où sont basés la majorité des décideurs. De plus, la livraison se fait très rapidement. Ce qui joue en notre faveur c’est que les Français aiment bien commander en Belgique. Pour eux, nous sommes des Nordiques. Nous dégageons une image sérieuse comme les Allemands », dit Gilles Longtain.

Aurelia Ricciardi

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