Le print au cœur du mouvement citoyen

08 mars 2018

305 000 badges, 56 000 stickers, 10 000 cartes postales, 3 500 pins, 1 500 t-shirts et 1 000 sacs imprimés en coton, mais encore bâches, beach-flags, displays en carton, vitrophanie… En un an et demi, l’ASBL Sprout to be Brussels a produit tous ces goodies pour créer un véritable mouvement citoyen, actif sur les réseaux sociaux et fier d’être Bruxelles.

  • Badge photographié à Genève et relayé sur Facebook par un internaute.

  • 500 000 posters à coller aux fenêtres ont été distribués dans toutes les boîtes aux lettres de Bruxelles invitant les citoyens à afficher leur fierté.

  • Habillage d’une Fiat 500 en chou de Bruxelles pour un jeu-concours en partenariat avec Europcar. But du jeu : trouver, photographier et partager sur Facebook et Instagram la Fiat 500 Sprout to be Brussels qui a été cachée dans la capitale.

  • La communication de Sprout to be Brussels pour l’événement Brussels Summer Festival.

Un hashtagh qui représente une communauté active de plus de 40 600 fans sur Facebook et 2 148 followers sur Instagram avec 20 000 publications dédiées, après un an et demi d’existence. Sur le terrain, c’est une ASBL qui a été créée au lendemain des attentats du 22 mars 2016 afin de redorer l’image de Bruxelles. Les membres fondateurs sont bpost, Beci, Brussels Airlines, Brussels Hotels Association, ING, Partena et Rossel.

Restaurants abandonnés, hôtels et musées déserts, l’économie bruxelloise était devenue catastrophique à la suite des attentats. Catherine Tricot, responsable de l’ASBL, en parle : « La ville était devenue vide, car elle souffrait d’une très mauvaise image et la presse n’avait rien arrangé. Quelques entreprises ont alors décidé d’agir pour redorer l’image de Bruxelles et donner une image plus positive de la ville ». Ce qui n’a pas été sans compter sur l’enthousiasme de ses habitants et aficionados.

Le point de départ ? Une distribution de 40 000 autocollants avec le logo en forme de chou aux feuilles vertes, avec le soutien d’Atrium et la Région. Ces autocollants ont été collés sur les devantures de commerces, le mobilier urbain, et dans les événements culturels. Des badges ont également été distribués et une page Facebook a été créée. Avec cette guérilla marketing, « il fallait créer le mouvement citoyen et des ambassadeurs », dit Catherine Tricot. Et la sauce a vite pris. À partir de ce moment, le slogan Sprout To Be Brussels s’est largement répandu sur Facebook, Instagram et Twitter avec des clichés créatifs mettant le logo en scène dans les rues de Bruxelles et même à l’étranger. En quelques semaines, l’initiative a regroupé une centaine de partenaires bruxellois, composée de commerçants, établissements culturels, partenaires académiques, médias, et acteurs institutionnels comme l’office du tourisme local. La création du logo est quant à elle l’œuvre de l’agence TBWA Brussels, qui est à présent la propriété de l’ASBL. « Ce n’est pas une marque commerciale, mais c’est une vraie marque et tout le monde peut se l’approprier. Le logo est open source et téléchargeable sur notre site », dit Catherine Tricot.

Aujourd’hui, l’ASBL multiplie les actions pour donner une image positive de Bruxelles en partenariat avec des acteurs publics et privés. « Maintenant que le mouvement est là, on doit continuer à le nourrir avec de nouvelles initiatives ». Pour la Saint-V, ce sont 100 000 badges « Sprout to study in Brussels » qui ont été détournés et distribués aux étudiants francophones et néerlandophones de Bruxelles. Les étudiants pouvaient ainsi montrer leur fierté d’étudier à Bruxelles et devenir des ambassadeurs. «100 000 badges c’est énorme. Beci, le Ministre de la culture Sven Gatz et le Ministre bruxellois Guy Vanhengel ont contribué au financement des badges», précise Catherine Tricot.

Webshop

L’engouement est tel qu’un webshop a même vu le jour depuis quelques mois, dont bpost se charge des livraisons. «Au départ, nos goodies étaient distribués gratuitement, mais maintenant nous essayons d’en faire du merchandising payant pour obtenir aussi des revenus. » Sur le site de Sprout to be Brussels, on peut y commander des lots contenant des autocollants et autocollants de vitrine, des pins, badges et sacs en coton. Les tarifs des lots varient de 8 à 125 euros. Des t-shirts imprimés avec le logo en forme de chou ainsi que d’autres nouveaux articles devraient aussi faire leur apparition sur le webshop. «L’objectif est de capitaliser sur la marque Sprout to be Brussels comme I love New York ou I love Amsterdam afin que d’autres entreprises se joignent à nous. Nous avons toujours besoin de nouveaux partenaires, publics ou privés, pour pouvoir continuer les actions. » En plus du site web, une série d’articles sont aussi commercialisés dans différents points de vente, à proximité de la Grand-Place, à l’Aéroport de Bruxelles, ou encore Gare du Midi. « Nous recevons des commandes tous les jours. Dans les magasins, les sacs et les t-shirts se vendent bien », se réjouit Catherine Tricot. Pour réaliser tous ces articles, l’ASBL fait appel à Sky-o, spécialiste bruxellois d’articles textiles et gadgets promotionnels.

Sprout Day

Le 14 décembre, élu journée Sprout Day, Bruxelles a été mis à l’honneur à travers une série d’actions de communication. Manneken Pis a porté un costume Sprout en soie (dessiné par Gérald Watelet), un bus Sprout de la Stib a circulé dans la ville pendant deux semaines, un sapin de Noël a été décoré avec des stickers en forme de chou de Bruxelles… Point d’orgue : un spectacle bilingue humoristique s’est produit par l’équipe « Sois Belge et tais-toi » au théâtre Saint-Michel. Et à l’approche de l’événement, 500 000 posters avec le fameux chou, à coller aux fenêtres, ont également été distribués dans toutes les boîtes aux lettres de la capitale. De quoi raviver le flux sur la toile.

Amplifier le mouvement, multiplier les actions, exporter la marque à l’étranger, telles sont désormais les missions actuelles de Sprout to be Brussels. Pour mener toutes ces actions à bien, l’ASBL collabore également avec l’agence bruxelloise Wildvertising. « Et il y a beaucoup de boulot, car il y a aussi beaucoup de Belges qui ne veulent plus venir à Bruxelles, notamment à cause des problèmes de mobilité », déplore Catherine Tricot.

Aurela Ricciardi