Vrai, pas vrai ?

03 mai 2018

Alain Vermeire

L’état de conférencier motivateur, ou « motivational speaker » comme disent les anglo-saxons, ne semble pas compter au nombre des métiers en pénurie. C’est que son exercice ne demande guère de prérequis. Ou plutôt si : avoir le don de l’éloquence et maîtriser le langage corporel. Ce qui en soi est déjà hors de portée du commun des mortels. Mais qui possède le charisme et le bagou nécessaires peut tranquillement commencer à vendre ses salades. Et même s’autoriser quelques libertés avec la vérité. Personne n’ira vérifier ses dires après coup. Une allocution inspirante est un divertissement pour le public et une source de rentrées pour l’orateur. Pour peu qu’il soit beau parleur, tout acteur, tribun populaire, marchand ambulant, etc. peut postuler au rôle de conférencier motivateur. Le secteur n’y trouve rien à redire. Pourvu que l’histoire soit convaincante.

L’un de ces professionnels de la motivation est Richard Askam, que nous avons écouté avec attention lors du récent salon Pure Digital d’Amsterdam. Il a ironisé gentiment sur son talent de rhéteur, mais avait raison sur un point : c’est l’histoire qui compte. Askam a dit avoir accompli la plus grande partie de sa vie professionnelle dans le business du vin. « On m’engageait pour stimuler la consommation ; partager et diffuser le savoir œnologique. Aux yeux des gens, j’étais un expert. Dans ce commerce, l’histoire est importante car le produit au sens strict n’est jamais que de l’alcool dans un liquide. Je mettais donc en avant la combinaison unique du terroir et du cépage ; j’évoquais le vigneron juché sur son âne, inspectant le coteau sud de son vignoble au crépuscule. Le tout était de trouver la valeur ajoutée qui ferait que le vin serait ressenti comme davantage qu’une commodité. Il en va de l’imprimé comme du vin », poursuivait Askam, qui a contribué à coordonner la célèbre campagne Coca-Cola aux canettes personnalisées. « L’objet de la campagne Coca-Cola n’était pas l’imprimé, mais ce que l’imprimé peut susciter auprès du consommateur. Et elle fut un formidable coup dans le mille pour le fabricant de sodas. »

« Propagez la bonne parole de l’impression numérique. Comblez le fossé entre production et design. On peut en savoir plus aujourd’hui sur les clients et clients potentiels qu’avant l’ère Internet. Les possibilités sont immenses. L’aventure commence à peine », prêchait Askam.

Nous y voyons une part de vérité – du moins pour ce qui est de l’aventure et du potentiel. Mais n’oubliez surtout pas de soigner les histoires qui donneront l’envie d’acheter vos produits. Et qui vous feront sortir du lot.