Les blow-ups de PLV bientôt imprimés en 3D ?

03 mai 2018

« Jamais le salon RapidPro (7 et 8 mars 2018) de Veldhoven (Pays-Bas) n’aura montré aussi clairement à quel point les figures publicitaires géantes (blow-ups) sont proches d’être imprimées en 3D. Le format de fabrication des imprimantes 3D ne cesse d’être étendu par le recours à des bras robotisés opérant « hors du cadre ». L’impression 3D n’est plus limitée au volume du châssis. La preuve par RapidPro 2018.

  • 1. Voilier jaune « Glorix » imprimé en 3D.

  • 2. Gerben Smits, CEO de 10XL.

  • 3. Cadres de meubles, de 10XL.

  • 4. Système de fabrication 3D de 10XL.

  • 5. Gaspare Bugli, Sales Director de Massivit.

  • 6. Stand de Digital Dot à RapidPro.

  • 7. Exemple d’impression cylindrique de Massivit.

  • 8. Le superbe taureau de Massivit.

  • 9. Objets imprimés magnifiquement polis de Massivit.

  • 10. Display Massivit à la Fespa d’Amsterdam.

  • 11. Le chien de Jeff Koons.

  • 12. Statue imprimée en 3D, au « Massivit Forum » de Digital Dot.

  • 13. La grande imprimante 3D de Granularge.

  • 14. Détail de Granularge.

  • 15. Ducati imprimée en 3D, de Lay3rs.

  • 16. Coen Viguurs.

  • 17. La T3500-XXL de Tractus 3, sur la droite.

  • 18. Impression d’un mannequin d’étalage sur la T3500-XXL.

  • 19. BigRep ONE v3.

  • 20. Builder-Extreme 1500-1.

Impression 3D « cradle2cradle » chez 10XL

Un voilier jaune Glorix (1), de type Laser, a accroché notre regard. La structure par strates trahissait une fabrication à 100 % par une imprimante 3D. On peut bien sûr s’interroger sur le prix, vu le confort spartiate et la qualité de navigation toute relative de l’esquif. Qu’un tel objet puisse être obtenu par un procédé d’impression laisse toutefois sans voix. (2) Un entretien avec Gerben Smits, CEO de la start-up 10XL (à gauche sur la photo), nous a permis d’y voir plus clair. « Le fabricant de meubles design Gispen nous avait approchés pour l’impression de quelques centaines de cadres de canapés. Nous imprimons aujourd’hui ces structures de meuble pour son compte (3). Notre installation produit des objets d’un format maximum de 6 x 2 x 1,5 mètre à partir de matériaux thermoplastiques (recyclés). Du vrai cradle2crad-le. Nous avons ainsi reçu un Smart Manu-facturing Award de la Koninklijke Metaa-lunie. » 10XL a également été récompensée du prix startup 2018 à RapidPro, car sa matière de base est issue du recyclage (50 kg de thermoplastique recyclé par canapé Gispen). Smits, à propos du matériau et de son coût : « Les bouchons de bouteilles plastiques ne coûtent rien. Nous les passons dans un broyeur et poussons les grains de plastique (mais aussi des granulés vierges) à travers une presse d’injection qui alimente la filière de notre (4) robot 3D. Les déchets plastiques produisent beaucoup de mélanges, mais il faut compter entre 3,5 et 12 euros du kilo pour des granulés purs et/ou teintés. » Le site Web de 10XL en évoque différents types : ABS, PP PLA, HDPE et d’autres plastiques. Le bras du système de construction 3D de 10XL est un robot six axes mobile de Yaskawa. Celui-ci se déplace (sur un rail de 14 mètres) le long du produit et dépose le thermoplastique couche par couche à l’aide d’une filière d’injection. Smits : « Notre mégaformat de construction nous a amenés à être impliqués dans la réalisation de modèles d’essais de bateaux. Ceux-ci font 10 mètres de long. Ils étaient jusqu’ici confectionnés en bois à un prix compris entre 10 000 et 35 000 euros. Une imprimante 3D permet une amélioration spectaculaire de ce point de vue et on peut les produire en creux. » Smits voit aussi de belles possibilités avec son système pour l’impression en 3D de figures publicitaires géantes.

Massivit sur les rails

Que retenir de RapidPro-2018 ? Que Digital Dot BVBA, à Vilvorde, reprend la distribution pour le Benelux des imprimantes 3D de Massivit. Et ce contrairement aux informations trompeuses fournies au Vakbeurs Sign 2017 de Gorinchem (Pays-Bas). Il se disait alors que la distribution de Massivit s’implanterait à Zoetermeer, avec en sus l’installation imminente de la première imprimante 3D Massivit 1800 des Pays-Bas. Les choses ont pris une autre tournure. (5) Le Belge Gaspare Bugli, Sales Director Europe de Massivit 3D Printing Technologies, présentait une imprimante Massivit sur le stand de Digital Dot (6). La 1800 a un volume de fabrication 3D (H x L x P) de 145 x 117 x 180 cm pour deux têtes, pouvant élaborer simultanément deux objets différents. La machine montrée à RapidPro illustrait ce mode d’impression 3D bicéphale. Bon nombre de démos d’imprimantes 3D donnent la préférence à des objets cylindriques ou cylindroconiques (vases, pots, abat-jours, etc.). C’était également le cas avec la Massivit 1800 (7). Le stand de Massivit est toutefois toujours décoré de superbes figures publicitaires géantes. Question de démontrer que la technologie peut bien plus que cela. Qui a oublié le magnifique taureau de combat de Massivit (8) (style Wall Street) dans le hall d’entrée de la Drupa 2016 ? Des objets superbement polis (9+10) avaient aussi été exposés à la Fespa 2017. L’étape fastidieuse de la finition et du ponçage n’est toutefois jamais évoquée dans les démos. Le Vakbeurs Sign 2017 avait aussi montré le « Dog » (11) du plasticien Jeff Koons, imprimé en 3D par la Massivit 1800 et constitué de trois parties. Une réalisation qui avait nécessité environ dix heures d’impression et consommé 10 kg d’UV/gel à 100 euros/kg. Le tout suivi d’un polissage intensif et d’une dorure à la feuille métallique, pour donner ce superbe accroche-regard d’environ 100 cm de haut. Pourquoi pas encore d’installation aux Pays-Bas ? Une question de prix, peut-être. Celui de la Massivit 1800 atteint 350 000 euros avec deux têtes d’impression, et 300 000 pour une seule tête. Les figures de point de vente classiques sont fabriquées manuellement, de manière analogique, avec de la mousse synthétique qui est ensuite habillée de polyester. Le travail de finition (polissage et mise en peinture) est le même que pour l’imprimé 3D brut de Massivit. La méthode classique (non numérique) prend généralement plus de temps, ce qui constitue un frein pour une production en série. Au salon, Nico Des-medt, Managing Director de Digital Dot, a expliqué comment Digital Dot entend changer la donne en faveur de Massivit au Benelux : « Après la foire, cette imprimante 1800 partira pour notre centre de démonstration de Vilvorde. En plus des démos, nous y assurons la fabrication d’objets imprimés en 3D pour une clientèle nouvelle ou existante. On pourra donc nous soustraiter la réalisation d’impressions 3D de grandes dimensions sur la Massivit dans le cadre de notre activité en tant que centre. Nous dispensons en même temps des démonstrations et des formations sur notre machine 3D. » Massivit entend ainsi s’ouvrir le marché du Benelux. Digital Dot prend la concession de Massivit très au sérieux, ainsi qu’il ressort de sa participation active à RapidPro et de l’organisation par ses soins du (12) « Massivit Forum » à Vilvorde, ce 26 avril. Un beau moment pour annoncer un nouveau lancement de Massivit : l’imprimante 3D Massivit 1500 « Exploration ». La 1500 possède une seule tête et a un volume de fabrication plus petit : 145 x 117 x 147 cm, soit 2,5 m3, avec une vitesse linéaire de 250 mm/s. Elle est donc 16,7 % plus lente que la 1800 et son format est 18 % plus petit (145 x 117 x 180 cm = 3,05 m3, pour une vitesse linéaire de 300 mm/s). Un signe que le marché des figures publicitaires géantes se fait plus concurrentiel.

Granularge

À RapidPro, Granularge, startup de Maasbracht (Pays-Bas), a lancé l’imprimante 3D grand format éponyme (13+14) qui offre un volume de fabrication de 180 x 90 x 90 cm (H x L x P) et une vitesse d’impression de 15 cm/s. Parfait donc pour l’impression en 3D de figurines publicitaires, ce qui fut illustré au salon par une fusée d’un mètre de haut. Un peu convenu peut-être, mais Granularge était encore trop jeune pour avoir davantage à montrer. Matériaux utilisables pour l’impression : PP, ABS, PLA, PETG, etc. et/ou plastiques recyclés et chargés de fibres de verre. Le prix de cette imprimante 3D grand format varie dans une fourchette comprise entre 45 000 et 60 000 euros. Dans les allées du salon (15), nous avons également aperçu une magnifique réplique d’une moto Ducati. Un superbe accroche-regard signé Lay3rs 3Dprinting, à Eindhoven, et pour être honnête, bien mieux fini que le voilier de 10XL.

Impression 3D de mannequins d’étalage (16)

Coen Viguurs, de Hans Boodt Mannequins (HBM) à Zwijndrecht (Pays-Bas), a expliqué dans sa présentation comment HBM est passée de la production manuelle de prototypes en argile (dans des ateliers japonais) à leur impression en 3D sur une T3500-XXL (17+18) de Tractus-3 (44 500 euros), à Ammerzoden (Pays-Bas). Il faut entre 40 et 60 heures pour imprimer un mannequin d’étalage en 3D. D’où un énorme gain de temps et d’argent. Le prototype en argile revient à 25 000 euros, plus différents frais à sortir de sa poche. Coût du même, imprimé en 3D : « quelques centaines d’euros ». Cet exemple avec les mannequins est une bonne illustration de tout ce qui devient possible dans le domaine des figures publicitaires. Viguurs a par ailleurs confié que la société planche actuellement sur une imprimante devant offrir encore plus de possibilités. Probablement une tête multiaxe pour les détails des visages.

Autres imprimantes convenant pour les figures de PLV

Trideus, à Ham (Belgique), a lancé son agence de représentation de la BigRepONE-v3, offrant un volume de fabrication de 100 x 100 x 100 cm. Cette BigRepONE-v3 (19) dispose de deux têtes indépendantes (diamètre de buse de 1 et 2 mm). Prix : environ 50 000 euros. Les imprimantes 3D multitêtes ne travaillent jamais avec plus d’une tête en même temps sur le même objet. La Massivit 1800 non plus, mais le système imprime simultanément deux objets côte à côte. Builder 3D Printers BV (20), à Noordwijkerhout, propose une imprimante 3D meilleur marché qui convient pour les figures publicitaires : la Builder Extreme-1500 monotête, avec un format de 110 x 50 x 82 cm, au prix de 18 450 euros ; ou la Builder Extreme-2000, de 70 x 70 x 182 cm, à 19 995 euros.

Jan Vroegop