La publicité locale roule à vélo

03 mai 2018

Les vélos publicitaires de Velocom arpentent les rues et suscitent la curiosité des passants. Ludique et écoresponsable, la publicité mobile et locale prend le guidon.

  • Dans les rues de Bruxelles, une publicité roule à vélo.

  • Charles Druet et Aurel Zola, responsables de Velocom.

Vous les avez peut-être déjà vu circuler à Bruxelles, des vélos verts tirant des panneaux d’affichage de quatre mètres carrés ou une vitrine d’exposition en plexiglas… des cyclistes font voyager ces publicités ambulantes dans les rues de la capitale, pouvant ainsi parfois accéder à des lieux interdits aux voitures et atteindre de nouvelles cibles. Avec leurs vélos, les responsables de Velocom affirment pouvoir atteindre plus de 50.000 personnes par jour. Et cela semble payer : « Les commerçants remarquent une augmentation de leurs ventes pendant la durée de la campagne mobile », rapporte Velocom.

Au départ, Aurel Zola et Charles Druet sont deux amis d’enfance bruxellois qui souhaitent soutenir les commerces locaux, les indépendants et les événements. Ils constatent qu’ « à part les flyers dans les boîtes aux lettres et les revues communales, il n’y a pas d’offre de publicité adéquate », se souvient Aurel Zola. Les deux amis ont alors l’idée de proposer un service de vélos publicitaires. Qu’il s’agisse de l’ouverture d’un nouveau point de vente, d’offres spéciales et promotionnelles, du lancement d’un nouveau produit ou encore d’un jeu-concours, Velocom entend répondre à toutes sortes d’objectifs publicitaires.

Soutenus par Village Partenaires (crowdfunding et coaching en création d’entreprise), ils se lancent en janvier 2017 sur fonds propres. Quatre mois plus tard, la boîte est lancée et des étudiants sont engagés. Des vélos de seconde main ont été réparés et avec des matériaux recyclés, un artisan a pu construire les panneaux remorquables. Pour l’impression des bâches, Velocom fait appel à l’entreprise bruxelloise PrintLab (anciennement Mind Concept). Tandis que la conception graphique est prise en charge en interne.

Stockés dans un atelier à Ixelles, les six vélos et leurs remorques (leur nombre sera doublé à l’automne) sont prêts à rouler partout en Belgique. Velocom va d’ailleurs prochainement rouler à Gand (pour le Jazz Gent Festival), Namur et Anvers. Velocom, qui emploie neuf personnes à temps plein, s’occupe de la campagne de communication et de l’affichage. « Mais nos bikers ne font pas que rouler ; ils sont trilingues et font aussi office d’ambassadeurs au niveau de la communication », précise Aurel Zola. La start-up propose aussi des parcours prédéfinis en fonction des cibles à toucher. Les itinéraires et les horaires ont été développés grâce à des analyses faites par Atrium sur les taux de fréquentation des quartiers bruxellois. Cette nouvelle forme de publicité verte et mobile offre une alternative dans l’air du temps. « Depuis quelques années, beaucoup de gens reviennent vers quelque chose de plus écolo, de manuel, » explique Charles Druet. « On voit maintenant avec une certaine nostalgie le retour du vintage, et par exemple du vélo. On veut aussi participer à une meilleure mobilité dans les grandes villes. » Le prix d’une campagne d’affichage mobile de trois jours (4h/jour) s’élève à 600 euros par vélo. Le client peut choisir entre 4 ou 6 heures d’exposition journalières. Il faudra débourser un peu plus pour une vitrine d’exposition. Pour l’heure, huit campagnes d’affichage mobiles ont été réalisées en un an et dix nouvelles campagnes sont programmées dans le courant des prochains mois. Le Festival Couleur Café, Brussels Major Event et l’ING Art Center, entre autres, ont déjà accepté de se faire balader par Velocom.

Article paru précédemment dans Trends Tendances