L’offre de presses analogiques toujours stable

23 novembre 2017

Assez étonnamment, Labelexpo 2017 a physiquement accueilli autant de presses à étiquettes analogiques qu’en 2015. Celles-ci représentent aujourd’hui 48 % de l’offre totale. Pour rappel, l’analogique faisait encore 53 % en 2015. Le contingent déployé au salon en finition et transformation analogiques d’étiquettes était plantureux : 62 machines en tout.

  • 1. ABGraphic Digicon avec une station de sérigraphie sous le capot oblique.

  • 2. Mida MA350 avec sérigraphie.

  • 3. Prisma LF-350 avec sérigraphie + dorure pour la société française AZUR Adhésifs.

  • 4. Presse flexo « numérique » Bobst M6.

  • 5. Tours de flexographie de la Bobst M8.

  • 6. Ligne de transformation Digicon 3000.

  • 7. Automation Arena - MPS EF430 avec dérouleur-enrouleur non stop de Kocher&Beck.

  • 8. SMAG E-print S330 avec têtes jet d’encre Domino K600i.

  • 9. Digi ERB+ de Lemoreau.

  • 10. Gallus Labelmaster 440.

  • 11. Omet Xflex-X6.

  • 12. Manchon de l’Omet Varyflex V4.

  • 13. Changement de la longueur de répétition sur la Varyflex V4 d’Omet.

  • 14. Presse P7 de Mark Andy.

  • 15. MPS EXL-Packaging 570 avec groupe de barres de retournement.

Sérigraphie

À en juger à l’offre, la sérigraphie a conquis une position désormais incontournable pour l’impression et/ou l’ennoblissement des étiquettes. Ainsi, même ABGraphic s’y met en proposant un module de sérigraphie sur sa (1) Digicon Series-3. Le type d’évolution qu’ABGraphic ne s’autorise que si une demande en ce sens existe vraiment. Ce qui semble donc être le cas. D’autres constructeurs classiques tels Gallus Screeny, (2) Mida avec la MA350, Orthotec, (3) Prisma (Italie) avec la LF-350, Sakurai et SPGPrints, poursuivent leurs développements. Gallus, Sakurai et SPGPrints avec de la sérigraphie rotative ; les autres avec des unités plano en ligne ou autonomes, comme chez Sakurai. Une presse sérigraphique bobine-bobine petite laize Prisma LF-350 est partie après le salon chez AZUR Adhésifs, à Eybens, en France. Cela dit, pratiquement toutes les presses flexo petite laize peuvent être équipées d’un module de sérigraphie rotative de SPGPrints (vidéo YouTube « Short guide on STORK RSI screen unit »).

Presses petite laize plus larges

Dans le domaine de l’étiquette, force est de constater que les presses flexo analogiques petite laize se font tout doucement plus larges. La EXL-Packaging de MPS, avec ses 57 cm, équipe déjà bon nombre d’ateliers de production. (4) La M6 de 66 cm de Bobst faisait même la démonstration d’une « flexo numérique » avec le système de « palette fixe » à sept couleurs Revo. Cette M6 possède deux cylindres porte-clichés par groupe d’impression, ce qui autorise les changements de travaux « à la volée ». Bobst poursuit par ailleurs le développement de presses à encrages alignés de plus grande laize pour étiquettes et/ou emballages. (5) Ce dont témoignait une unité de démonstration M8. Cette série de presses passe à une largeur de 107 cm, pour une productivité maxi de 400 m/min. S’inscrivant eux aussi dans cette tendance à l’élargissement, deux fabricants de rotatives Ci/flexo exposaient à Labelexpo 2017 : le Tchèque Soma (avec l’Optima de> 62 cm) et l’Italien Uteco (avec l’Onyx-XS de> 65 cm). Autrement dit : la limite auto-imposée de max. 30-40 cm pour la flexo petite laize est levée et passe à 60-100 cm. La pratique montre que ces presses de plus grande laize ne débouchent pas directement sur des applications sur le marché de l’emballage souple, pour l’impression de sacs, de poches, etc. Un domaine que les véritables imprimeurs d’étiquettes ne connaissent pas tellement bien. Ils y voient plutôt l’intérêt de pouvoir juxtaposer encore plus d’étiquettes sur la bande. L’élargissement s’explique aussi par l’essor des étiquettes multicouches. Les machines de façonnage s’adaptent elles aussi à ces plus grandes largeurs. (6) La Digicon 300 d’Edale/ABGraphic pour la transformation d’étiquettes et d’emballages souples accepte jusqu’à 76,2 cm de laize.

Écarts cruels à l’Automation Arena

L’Automation Arena à Labelexpo se voulait la vitrine du concept de « Label Industry 4.0 ». Pouvant compter sur des protocoles JDF/JMF bien rodés, la production s’opérait de manière fluide et automatisée entre le frontal Cerm/Esko et le système d’impression numérique de Xeikon. Un terrain sur lequel la ligne analogique ne pouvait pas rivaliser. Alors que la configuration digitale Xeikon était typiquement axée sur les petites quantités à la demande, la presse flexo était équipée pour des changements rapides en vue de tirages de plus longue haleine. La presse flexo UV EF430 de MPS était dotée, pour les besoins de la démo, d’un dérouleur non stop UR Precision-440U de Kocher+Beck et d’un enrouleur 440R. La mise en route de la presse petite laize pour les nouvelles commandes était à 100 % à charge du conducteur. Les recommandes pouvaient toutefois bénéficier des possibilités de stockage en mémoire de cette configuration, lesquelles accélèrent les changements de travail. Des différences cruelles donc à noter au niveau du démarrage, mais une fois en régime de croisière, l’analogique l’emportait haut la main, avec des vitesses dix fois supérieures (200 m/min). Des cadences hors de portée du numérique (19,2 m/min). Vu la largeur du fossé entre analogique et numérique, cette démo comparait en fait des pommes et des poires.

Hybrides

Le façonnage en ligne est monnaie courante avec les presses à étiquettes analogiques. La tendance commence également à toucher les presses à étiquettes numériques. Jusqu’à même induire un mouvement inverse. À savoir que des systèmes de transformation analogiques sont désormais équipés de têtes d’impression jet d’encre, à des fins de codage, d’ennoblissement ou autre. Ce qui, chez Xeikon, donne le projet « Fusion ». (8) La ligne de reconditionnement de SMAG a été migrée vers l’E-print S330 par une intégration avec des têtes d’impression UV Domino K600i suivies d’un séchage. Edale a montré quelque chose d’approchant, ayant mué sa presse flexo/jet d’encre Graphium en superhybride par l’ajout d’une Printbar EFR. De quoi rendre possible un gaufrage-marquage à froid numérique avec l’encre UV supplémentaire. Focus et Lemoreau ont placé des têtes jet d’encre sur leurs machines d’impression et de transformation flexo analogiques. Focus avec les têtes UV d’IIJ/Konica Minolta et Lemoreau avec celles de Memjet à encres à l’eau. Des presses à étiquettes petite laize à l’origine analogiques ont ainsi été converties en machines hybrides d’impression et de transformation de bobines débitrices directement livrables, remplies d’étiquettes éventuellement variées. La D-Flex de Focus revenait à 250 000 euros dans la version exposée, dorure à chaud ou à froid comprise. (9) La Digi ERB+ de Lemoreau coûtait sensiblement moins : 83 000 euros. La grosse différence s’explique par l’utilisation de têtes IIJ par rapport à des Memjet. (10) La Labelmaster 440 de Gallus dans la version présentée au salon (Gallus Labelmaster Advanced 440-multiweb) peut aisément être qualifiée de superhybride. Si les presses à étiquettes antérieures de Gallus ont un bâti en granit, celui de la Labelmaster est désormais en acier. On sait que Gallus abandonne son image de « Rolls-Royce » pour rester dans des prix raisonnables. Les présentateurs sur le stand de Gallus ont mentionné à de multiples reprises que le développement avait bénéficié d’une collaboration avec le département R&D d’Heidelberg. Là réside peut-être l’explication de certaines simplifications apportées à la presse Labelmaster.

Offset pour étiquettes et emballages

Dans l’offre analogique de presses à étiquettes à Labelexpo 2017, on a pu assister à des démonstrations d’un nombre relativement important de rotatives offset petite laize. Sur les onze machines offset présentes (donc beaucoup d’intermittentes), quatre opéraient sans mouillage. Du fait du développement fixe des cylindres offset par opposition à des longueurs d’image variables, la bande de support est toujours légèrement retirée entre les impressions (intermittence) et les tours d’impression sont coulissantes. Cette intermittence a une influence sur la vitesse de sortie. Des manchons offset variables, avec diamètres de cylindres interchangeables, peuvent constituer une alternative. L’exposant Contiweb faisait ainsi la promotion de la Thallo à format variable. L’Italien Omet déployait une gamme alléchante de presses off set à étiquettes de format variable. (11) La Xflex-X6 hybride de 43 cm de large d’Omet, avec transformation en ligne, proposait des démonstrations d’offset cinq couleurs à développement variable interchangeable entre 30,5 et 63,5 cm. (12+13) Le manchon offset Varyflex V4 (vidéo YouTube « OMET Varyflex V4 Offset ») illustrait les ambitions d’Omet en la matière. La presse offset variable Varyflex V4 offre une plage de largeurs comprise entre 67 et 85 cm, avec des longueurs de répétition d’image à choisir entre 40,6 et 81,2 cm (arrondi). La vitesse de sortie maximale atteint 400 m/min pour des substrats jusqu’à 12 microns d’épaisseur. À la drupa 2016, Omet avait fait la démonstration d’un séchage à faisceau d’électrons (E-beam) sur une Varyflex V4. Interrogé sur la suite à attendre de ce développement, le directeur commercial Marco Calcagni avait répondu que le séchage E-beam était pour lui une solution fort onéreuse. Dans sa présentation intitulée « Omet meets Industry 4.0 », Calcagni a montré diverses innovations, telles que des lunettes connectées pour les conducteurs des presses. La Xflex-X6.0 d’Omet est par ailleurs équipée de couronnes au niveau du cylindre d’impression, qui contribuent à exclure l’effet de marque d’engrenage tant redouté en flexo petite laize. Cette presse peut imprimer jusqu’à 10 voire 12 couleurs. Un utilisateur belge bien connu d’Omet est St-Luc labels & Packaging, à Nazareth, qui imprime en Full-HDFlexo avec sa presse UV Omet. Omet est vendu par l’intermédiaire de Chromos GmbH, à Friedberg (Allemagne).

Flexo pour étiquettes et emballages

Après une période d’accalmie, le fournisseur de presses flexo Mark Andy affiche des résultats en amélioration constante dans notre région. C’est donc à juste titre qu’on a pu voir la (14) P7 de Mark Andy à l’œuvre au Labelexpo. La P7 est une presse flexo servomotorisée de max. 55,8 cm de laize, dédiée à l’impression de supports d’étiquette et d’emballage de 12 à 450 microns d’épaisseur. Longueurs de répétition : entre 14 - 61 cm. Productivité maximale : 230 m/min. Mark Andy a livré deux presses P7 pour le groupe RAKO, plus particulièrement à Witzhave (Allemagne) et Hangzhou (Chine). Toutes deux sont équipées de douze groupes flexo à encres UV. Avec son équipement d’automatisation, la P7 convient pour les tirages d’environ 1 500 m, longueur courante à Witzhave. La moyenne des tirages y est toutefois inférieure à 1 000 mètres. Ces presses construites en Amérique sont vendues au Benelux via Packtion/Maarten van Bergeijk, à Apeldoorn (Pays-Bas). Au Palais 11 de Labelexpo, MPS mettait en avant pour le visiteur les succès commerciaux qu’elle remporte avec la (15) MPS EXL-Packaging 570, une machine relativement large. Le groupe néerlandais Geostick (Uithoorn/La Haye-Pays-Bas) en a mis deux exemplaires en service dernièrement pour répondre à la demande croissante d’étiquettes multicouches et d’emballages souples. Pour la production d’étiquettes multicouches, une configuration étendue de barres de retournement variables est mise en œuvre. De quoi obtenir une étiquette à plusieurs strates à partir des différentes bandes superposées en mode delam-relam, comme l’on dit. Avec le multilinguisme européen et l’obligation d’utiliser un corps de caractère minimum, les industries de la chimie et de la peinture surtout ont besoin de toujours plus d’espace d’étiquetage. D’où la demande croissante d’étiquettes à plusieurs couches. L’offre d’impression et de transformation analogiques d’étiquettes se maintient raisonnablement (constat mi-2007) dans la mesure où elle attire des commandes impliquant des finitions et des ennoblissements toujours plus exclusifs. L’autre explication est qu’elle fournit aussi une qualité fiable et interchangeable. Et le jet d’encre n’en est pas encore là. À défaut d’offrir une qualité d’image identique entre les différents systèmes, le procédé présente toutefois d’autres avantages. De quoi satisfaire tout le monde, en quelque sorte.

Jan Vroegop